Le centre d'auditions CLIA
Qu'est ce que le centre CLIA ?
Le droit de l'enfant à être entendu est reconnu depuis 37 ans par la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. Pourtant, dans la pratique, les modalités permettant de recueillir sa parole restent inégalement accessibles et difficiles à mettre en œuvre.
C'est pour répondre à ce défi concret que CLIA, Association Internationale des Auditeurs d'Enfants, a ouvert, en mai 2026, le Centre d'Auditions d'Enfants CLIA.
Ce centre constitue un point de contact centralisé permettant de recevoir des demandes d'audition émanant de différents acteurs (familles, avocats, psychologues, médiateurs, travailleurs sociaux, établissements scolaires, institutions ou juridictions) et d'orienter chaque demande vers un auditeur professionnel sélectionné en fonction de la nature de la situation, de la localisation et des disponibilités.
L'audition amiable ne se substitue pas à l'audition judiciaire : elle la complète, en offrant à l'enfant un espace d'expression apaisé, structuré et sécurisé, en dehors du contexte strictement judiciaire. Elle s'adresse aussi bien aux situations de séparation parentale qu'à toute décision concernant un enfant ou un jeune majeur.
Toutes les auditions sont réalisées par des auditeurs formés et référencés, dans le respect d'un cadre déontologique strict : neutralité, impartialité, confidentialité et respect absolu du consentement de l'enfant, qui reste libre d'accepter ou de refuser d'être entendu.
Pourquoi un centre d'audition amiable ?
Depuis l'adoption de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant en 1989, le droit de l'enfant à être entendu dans toute décision le concernant est inscrit dans les textes — en droit international, en droit européen, et en droit français. Trente-sept ans plus tard, ce droit demeure pourtant difficile à exercer concrètement : les professionnels qui souhaitent recueillir la parole d'un enfant manquent souvent d'un cadre structuré pour le faire, et les familles ignorent fréquemment qu'un tel dispositif peut exister en dehors du prétoire.
L'audition judiciaire, prévue par la loi, reste en pratique peu accessible, parfois intimidante pour l'enfant, et ne couvre pas toutes les situations où sa parole serait utile et légitime. Il existait donc un vide entre le droit proclamé et sa mise en œuvre réelle.
CLIA a construit, au fil de ses années de recherche, de formation et de lobbying, un réseau de professionnels formés à l'audition amiable d'enfants — aujourd'hui 61 auditeurs répartis dans 7 pays. Ouvrir un centre opérationnel, c'est pour l’association, franchir une étape supplémentaire : ne plus seulement former et promouvoir, mais garantir concrètement aux enfants la possibilité d'être entendus, dans un cadre sécurisé, par des professionnels compétents et référencés.
Le Centre d'Auditions d'Enfants est ainsi la traduction réelle d'un engagement de fond : faire en sorte que le droit de l'enfant à participer aux décisions qui le concernent ne reste pas un principe, mais devienne une réalité accessible à toutes les familles et à tous les professionnels qui les accompagnent.
Qu’est ce qu’une audition amiable ?
L’audition amiable est un espace procédural volontaire en vue d’une prise de décision, permettant une écoute professionnelle et sécurisée permettant à l’enfant qui le souhaite d’exprimer sa parole dans un cadre adapté à lui, hors expertise judiciaire et hors enquête.
Elle repose notamment sur :
- l’écoute ;
- la neutralité ;
- la confidentialité ;
- le respect du rythme de l’enfant ;
- l’absence d’instrumentalisation ;
- la protection émotionnelle de l’enfant.
Dans cet espace, l’enfant peut exprimer ses opinions, besoins et intérêts librement. L’audition est confidentielle - sauf en cas de danger ou de violences conformément à la loi. La parole que l’enfant veut faire connaître à ceux qui devront prendre une décision pour lui, est exprimée par l’enfant avec l’aide ou par l’intermédiaire de l’auditeur selon le choix de l’enfant.
L’enfant a le droit d’être assisté par son avocat lors de l’audition, qu’elle soit amiable ou judiciaire.
L’enfant n’est ni interrogé, ni soumis à une enquête. Il est le “maître” de la parole émise, l’auditeur offrant un cadre éthique et ses compétences d’écoutant.
L’objectif n’est pas de lui faire choisir entre ses parents, de prendre la décision à leur place, ni de lui faire porter une responsabilité qui ne lui incombe pas.
L’objectif est que l’enfant puisse s’exprimer librement et que sa parole non manipulée ni transformée, soutenue par l’auditeur, soit prise en considération.
Qui peut demander une audition ?
Le Centre d'Auditions d'Enfants s'adresse à deux grandes catégories de demandeurs, dont les besoins sont distincts mais convergent vers un même objectif : permettre à l'enfant d'être entendu dans les meilleures conditions.
Les familles
Des parents en cours de séparation ou de divorce amiable peuvent souhaiter recueillir la parole de leur enfant dans un cadre structuré et sécurisé, en dehors de toute procédure judiciaire. Le centre leur offre cette possibilité, à condition que les deux parents, lorsqu'ils exercent conjointement l'autorité parentale, y consentent. En cas de désaccord entre eux sur l'opportunité de l'audition, l'enfant peut être orienté vers un avocat de mineur. Les jeunes majeurs peuvent également être entendus dans ce cadre.
Les professionnels
Le centre est également un outil au service des professionnels qui accompagnent les familles et les enfants :
- les avocats et notaires, dans le cadre de procédures amiables ou de l'élaboration de conventions ;
- les médiateurs familiaux, qui peuvent souhaiter que la parole de l'enfant éclaire le processus de médiation ;
- les psychologues, thérapeutes et autres professionnels du soin et de l'accompagnement ;
- les travailleurs sociaux et services de protection de l'enfance ;
- les établissements scolaires, notamment dans des situations de harcèlement ou de violence, avec l'autorisation préalable des parents ;
- les juridictions, dans le cadre de délégations judiciaires d'audition.
Dans tous les cas, la demande est analysée par le centre avant d'être orientée vers l'auditeur le mieux adapté à la situation, en tenant compte de sa nature, de sa localisation géographique et de ses disponibilités.
Dans quels contextes ?
L'audition amiable d'enfants peut intervenir dans des contextes très variés, dès lors que la parole de l'enfant est utile à une décision le concernant et que les conditions déontologiques nécessaires sont réunies.
La séparation parentale et le divorce amiable constituent le cadre le plus fréquent. Lorsque des parents souhaitent organiser leur séparation de façon concertée, l'audition de leur enfant dans un cadre structuré leur permet de prendre en compte sa parole dans l'élaboration des arrangements familiaux, sans le placer dans une situation de tension ou de choix entre eux.
Les procédures familiales en cours peuvent également donner lieu à une audition, que ce soit à la demande des parties, de leurs conseils, ou sur délégation d'une juridiction. Le centre peut alors intervenir en complément de la procédure judiciaire, en offrant à l'enfant un espace d'expression plus apaisé.
Le milieu scolaire est un autre contexte d'intervention, notamment en cas de harcèlement, de violence ou de situation préoccupante. L'audition peut y être réalisée avec l'autorisation des parents donnée en début d'année, sous réserve de leur droit d'opposition au moment de l'audition pour les situations les plus sensibles.
Les situations impliquant des services sociaux, la police ou la gendarmerie peuvent également faire l'objet d'une intervention du centre, dans le cadre de conventions et de devis spécifiques adaptés à chaque situation.
Dans tous ces contextes, un principe fondamental s'applique : lorsque l'autorité parentale est exercée conjointement, l'accord des deux parents est requis pour toute audition amiable. Ce n'est que dans le cadre d'une délégation judiciaire que cette condition peut ne pas s'appliquer.
L’audition amiable peut notamment permettre à ses parents, enseignants, juges, mandataires ad hoc, ou autres responsables, représentants ou décideurs :
- de mieux comprendre le vécu de l’enfant ;
- d’apaiser certaines situations ;
- d’aider les adultes à entendre les besoins de l’enfant ;
- d’éviter une escalade du conflit ;
- d’accompagner des démarches familiales ou judiciaires ;
- d’améliorer la prise en compte de la parole de l’enfant.
Selon les situations, l’audition peut donner lieu :
- à une restitution adaptée ;
- à des recommandations ;
- à une orientation vers d’autres professionnels ;
- ou simplement offrir à l’enfant un espace de parole sécurisé.
Combien ça coûte ?
Les auditions représentent un processus complet qui ne se limite pas à une rencontre de 30 minutes avec un enfant.
Le coût d’un processus varie en fonction de vos ressources, du nombre d’enfants concernés, et du déploiement du processus. Il est fixé d’un commun accord entre le demandeur et l’auditeur ou CLIA.
Demandez un devis ici : (formulaire de contact)
Pour en savoir plus :
Podcast les adultes de demain
Podcast annasyo
livre AM de Cayeux
Visio FLD sur le DU
Article Le village de la Justice
La page du DU
Ressources utiles :
Lien vers la CIDE
Lien vers le rapport 2020 du Défenseur des enfants
Nos principes :
- Respect de l’enfant
- Neutralité
- Confidentialité
- Sécurité
- Éthique
- Écoute spécialisée
- Approche pluridisciplinaire
CLIA a élaboré une charte de déontologie expliquant en détail le processus et son cadre. Retrouver la Charte ici et une synthèse en 10 points ici.